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LES PUBLICATIONS DE JEAN-LOUIS GARY

Présentation des livres et partage d'informations diverses

LES PUBLICATIONS DE JEAN-LOUIS GARY

LE BULLETIN DU 21 DÉCEMBRE 2018 : CRISE OU COLÈRE DANS UN PAYS QUI A UN DES PLUS FAIBLES TAUX DE PAUVRETÉ ?

LE BULLETIN DU 21 DÉCEMBRE 2018 : CRISE OU COLÈRE DANS UN PAYS QUI A UN DES PLUS FAIBLES TAUX DE PAUVRETÉ ?

CRISE OU COLERE DANS UN PAYS QUI A UN DES PLUS FAIBLES TAUX DE PAUVRETE ?

Avec les fêtes de fin d’année, la tentation de penser que le mouvement des « gilets jaunes » va cesser. La réponse se trouve dans sa nature et la profondeur de son enracinement.

Sommes-nous plus mal lotis en France que dans d’autres pays européens ? Si l’on en croit un article de « BFM Business » du 28/04/2016, cela pourrait être en partie le cas.

http://www.jeanlouisgary.com/2018/12/salaires-cout-de-la-vie.la-france-est-tres-mal-classee-en-europe.html

La France se classerait plutôt en milieu du tableau.

http://www.jeanlouisgary.com/2018/12/classement-des-pays-par-cout-de-la-vie-en-europe.html

Toutefois, une étude de l’Insee montre que les Français ont retrouvé, en 2016, leur niveau de vie d’avant crise.

http://www.jeanlouisgary.com/2018/12/les-francais-ont-retrouve-leur-niveau-de-vie-d-avant-crise.html

La hausse des taxes sur les carburants était-elle de nature à déclencher la crise des « gilets jaunes » que nous connaissons. La réponse est « oui », mais était-elle suffisante ? La réponse est non puisque ce mouvement s’est enraciné et développé.

https://www.ladepeche.fr/article/2018/11/14/2906275-carburant-europe-france-est-pays-plus-cher.html

Mais tout est-il si mauvais que cela dans notre pays ? Il faut tout de même constater que si nous ne sommes pas les champions en matière de niveau de vie, nous le sommes en matière de protection sociale.

http://www.jeanlouisgary.com/2018/12/la-france-championne-d-europe-des-depenses-de-protection-sociale.html

http://www.jeanlouisgary.com/2018/12/protection-sociale-la-france-est-le-pays-qui-depense-le-plus-en-europe.html

Il faut aussi constater  que la France, avec un taux à 13,6 %, se situe parmi les pays d’Europe qui ont le plus faible taux de pauvreté et que c’est même le plus faible des pays les plus peuplés.

https://www.inegalites.fr/La-pauvrete-en-Europe

De plus, la France est un des pays où la pauvreté persiste le moins.

http://www.jeanlouisgary.com/2018/12/la-france-est-l-un-des-pays-d-europe-ou-la-pauvrete-persiste-le-moins.html

Par ailleurs, il semblerait que les inégalités progresseraient plus dans la majorité de l’Union Européenne qu’en France.

http://www.jeanlouisgary.com/2018/12/pauvrete-inegalites-les-derniers-enseignements-de-l-insee.html

Nous pouvons donc nous interroger sur l’explosion sociale que nous connaissons.  

La crise des « gilets jaunes » casse les codes, parce qu’en utilisant les réseaux sociaux, elle court-circuite les partis politiques ainsi que les syndicats. Ce faisant elle devient une contestation de notre système démocratique fondé sur une représentation que le mouvement ne reconnaît plus.

Les attentes des catégories populaires n’ont que faire des comparaisons qui satisfont les visions technocratiques de notre société mais ne répondent pas aux attentes de ceux qui la vivent. Certes, l’absence de réponses rapides a permis l’émergence d’un grand nombre d’insatisfaction et leur cristallisation symbolique autour des ronds-points. Alors même que la paralysie du pays est contre-productive pour ces mêmes catégories populaires, ils continuent, traduisant ainsi le passage d’une colère à une revendication sociétale. Ce n’est pas une révolte, c’est un besoin de réformes.

La communication n’est pas qu’une affaire de mots, c’est aussi une question de symboles. Tous ceux lancés par la majorité en place n’ont eu de cesse que de creuser le fossé entre l’exécutif et les classes populaires. Ainsi la réforme de la fiscalité a été commencée par le mauvais bout. Le ruissellement voulu par le Président ne pouvait et ne peut avoir lieu dans le temps que dans un environnement stable pour les investisseurs. Cette condition existait presque, mais la rapidité des réformes voulue par le Président a été perçue comme de la violence à laquelle a tout naturellement répondu la celle de la rue. Cette réaction populaire fait que les conditions du ruissellement ne sont plus réunies aujourd’hui.

Aujourd’hui, l’expression est « tout et tout de suite ». Céder à toutes les revendications serait suicidaire pour la majorité en place, pour notre régime démocratique, pour le devenir de la France. Résister l’est tout autant, car sauf à changer de régime politique fondamentalement, nous savons que ceci est impossible, et nous pouvons constater que les pays qui ont un meilleur niveau de vie que nous n’ont pas fait ces choix. Les peuples de ceux, qui a un moment de leur existence, sont allés dans ces directions connaissent des niveaux nettement inférieurs.

Les mesures décidées par le gouvernement vont dans le bon sens, mais elles manquent de lisibilité ainsi que de portées symboliques. Elles n’invitent pas suffisamment au débat sur le domaine politique, seul capable de sortir le pays de la crise, car personne ne sait ce que veulent vraiment les Français. Les « gilets jaunes » ne sont pas le peuple, ils ne sont l’expression que d’une partie de l’opinion et n’ont aucune légitimité à négocier pour l’ensemble des Français, mais ils ont mis en évidence la défiance des Français vis-à-vis de leurs représentants. Ils ont mis en évidence l’incompréhension des Français devant les réformes proposées. Si certains pensent que le gouvernement a été trop intelligent, trop fin… il s’est surtout montré trop stupide pour avoir voulu passer en force, pour avoir cru que les mots étaient suffisants pour s’attaquer à des symboles comme l’ISF par exemple, pour penser qu’il suffisait  de se moquer des tentations populistes… chaque français agressé par tel ou tel propos se retrouvent dans une contestation publique. Ce ne seront pas des « mea culpa » qui redonneront de la crédibilité et d’écoute aux politiciens, ce sont des actes simples et concrets. Si le Président ne veut ne pas remettre en cause sa politique sur le fond, il lui faut trouver de l’estime auprès de ses concitoyens et cela passera par des actes forts dont un changement de gouvernement serait un premier acte, car il lui est difficile d’organiser un référendum qui est trop proche des élections européennes. Pour ces mêmes raisons, une dissolution de l’Assemblée serait catastrophique, car il y aurait confusion entre les européennes et les législatives faisant que, durant cette période, la France deviendrait ingouvernable.

Sachant que les réseaux sociaux favorisent la contestation, le Président a tout intérêt à trouver un ou des symboles lui permettant de remonter dans l’opinion de la majorité des Français et plus seulement dans son pré-carré. S’accrocher à la suppression de l’ISF vaut-il le risque de perdre l’ensemble d’une dynamique ?

Plus que jamais, face à cette crise de défiance, une réforme de nos institutions s’impose et à trop la retarder, nous risquons d’aboutir à une instabilité qui condamnerait les évolutions de la France au sein du Monde.

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