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Présentation des livres et partage d'informations diverses

LES PUBLICATIONS DE JEAN-LOUIS GARY

Le Bulletin du 28 juillet 2018. La Vérité et les affaires.

Le Bulletin du 28 juillet 2018. La Vérité et les affaires.

Que ce soit dans l’affaire Benalla, que ce soit l’affaire Fillon, chacun tend à trouver et à faire valoir « La Vérité ». La recherche de cette vérité est tellement importante qu’on lui doit tout. On n’hésite pas à créer des commissions, à faire appel à des enquêteurs, à avoir recours à la justice. Il faut mobiliser un maximum de forces vives pour trouver La Vérité (au détriment de dossiers plus importants pour la France, soit dit en passant). Mais quelle vérité cherche-t-on ?

Ce qui frappe dans la notion de vérité, c’est son mode de construction. La vérité devrait être assise sur l’existence de faits objectifs et factuels. En mathématiques, la vérité découle d’applications de règles rigoureuses et vérifiées. Il en serait de même dans le domaine scientifique. Mais, la mesure d’une vitesse supérieure à celle de la lumière de particules élémentaires (neutrinos), par des physiciens du CNRS (Centre National de Recherche Scientifique) et du CERN (Organisation Européenne pour la recherche nucléaire), remet en cause la théorie de la relativité d’Einstein qui considérait cette limite comme infranchissable. Ce savant n’a pas fait d’erreur. Il n’avait tout simplement ni les moyens actuels ni tout le corpus de recherche acquis depuis ses conclusions. C’est ainsi que nous constatons que La Vérité qui nous apparait comme telle n’est que la perception et l’évaluation d’éléments extérieurs au travers de nos acquis et donc de notre conditionnement culturel, sociétal, voire même sentimental. La Vérité devient dès lors une perception en adéquation entre une proposition et une réalité. Dès lors, il convient de parler de « vérités » et non de « La Vérité ».

Ainsi en est-il de notre Présidence de la République. Par certains côtés, Monsieur le Président Macron se donne des airs gaulliens pour les uns, mitterrandiens pour les autres. Personne n’aurait osé appeler ces Hommes d’État « Charli » ou « Fafa », comme le jeune collégien qui crut de bon ton d’appeler le Président actuel « Manu », ce qui lui valut une réprimande. Mais à l’examen, celui qui méritait d’être réprimandé était bien le Président et non l’enfant. Quand on veut donner une image, elle se soit d’être sans tâche et sans faille. Donner un spectacle transgenre sur le parvis d’un des symboles de la République justifie bien la perception d’un « Manu » et non de « Monsieur le Président ». Cette façon de voir choque ? Elle n’est que la logique d’une perception qui n’enlève rien aux capacités intrinsèques de notre chef de l’État. Mais ceci n’est encore que le fait de perceptions. Il en est de même pour l’affaire Benalla.

Les codes de fonctionnement de notre Président actuel sont différents de ceux de ses prédécesseurs et ambigus. Il se moque de certaines règles, en bouscule d’autres tout en voulant en conserver quelques-unes. Le problème, c’est qu’il en est comme son programme électoral : la construction se fait au fil de l’eau. L’objectif est clair. Il faut un Nouveau Monde ! Oui, mais lequel ? Dans ces conditions, chacun essaye de trouver sa place et d’apporter des pierres à un édifice. Mais, existe-t-il un plan ? Dans une structure cadrée, organisée, structurée, l’affaire Benalla n’aurait jamais existé, elle se serait inscrite dans la tradition républicaine du « SAC » et des « Barbouses ».

Contrairement à ce que dit notre Président, cette affaire n’est pas une tempête dans un verre d’eau, c’est l’expression de la fragilité de l’équilibre de son système et des approximations des actions de manipulations qui en découlent. Entre celui qui veut faire passer Benalla pour un bagagiste, celle qui tronque un article de presse, ceux qui sont menacés d’exclusions de leur parti, l’image donnée est peu flatteuse et le terme de « députés godillots » revient du passé que de jeunes loups devaient enterrer.

La Vérité est que rien n’a changé.

Dans le cadre de la Vème République, personne ne pourra aller "chercher le Président" et les grandes manœuvres actuelles ne sont que des gesticulations en cour de récréation qui ne servent qu’à dire « J’existe ». Quand l’heure de la rentrée sonnera, les bancs seront vides comme à l’accoutumée et le Monde aura tourné pendant que la France n’aura pas bougé. Les démarches entre Trump et Juncker sont autrement plus importantes, pour notre avenir, que l’affaire Benalla qui rentrera dans le rang comme l’affaire Fillon qui, elle, a atteint son but.

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